« Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » M.A Shaffer & A.Barrows

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« Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu’à leur lecteur idéal » 

Il n’y aura pas de quatrième de couverture pour résumer ce petit bijou épistolaire mais une jolie vidéo présentant cet ouvrage « fantasque » sorti tout droit du brouillard de la guerre 39-45. Laissez-vous imprégner par l’ambiance des images qui vont suivre car ils sont fidèles à l’univers que vous allez découvrir en faisant connaissance au fur et à mesure avec Juliet, jeune écrivain et les lecteurs si attachants de ce fameux cercle littéraire, au nom farfelu, le tout sous fond de Charles Lamb des soeurs Brontë ou encore de Jane Austen. 

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  Le thé ne m’a jamais aussi bien accompagné que lors de la lecture de cette petite pépite. Vous voyagez de Londres à cette île anglo-normande qu’est Guernesey, vous prenez le thé avec Juliet et Amélia, vous savourez la douceur et la volupté de ce nectar qui a tant manqué lors de l’Occupation allemande. Le fond de l’Histoire est là et même si cela ne peut en rien effacer les horreurs de la guerre, sans elle, rien ne se serait peut-être passé et jamais nous n’aurions pu croiser le destin de personnages si hauts en couleur et si attachants, au point de vous manquer, une fois la porte de la Grande Maison refermée…

…Au point de vous en vouloir de ne pas avoir lu ce trésor bien plus tôt, sceptique, à l’époque, de vous laisser séduire par la critique alors « trop » positive à votre goût. Séduite je l’ai été, imprégnée même, au point de rythmer ma plume aux sonorités de musique celtique, à l’heure où je rédige cette chronique.

En plus des personnages attachants, les auteures ont renoué avec le roman épistolaire, quel bonheur de retrouver ce genre trop souvent délaissé. Des centaines de lettres qui renferment toutes les émotions humaines que nous pouvons rencontrer au cours d’une heure, d’une journée, d’une vie. Une vie qui vient se nouer à des dizaines d’autres au nom de l’amour des livres et du papier car finalement aimer les mots c’est aimer les gens. 

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Voilà comment mon esprit s’imagine le cottage de Juliet sur l’île de Guernesey, et le vôtre? 

« Alors je vais m’arrêter de penser. Je vais gagner la prairie parsemée de fleurs sauvages qui se trouve juste devant ma porte, et courir jusqu’à la falaise le plus vite possible. Puis je m’allongerai par terre, je regarderai le ciel – qui scintille comme de la nacre cet après-midi-, je humerai le parfum de l’herbe chaude et je m’efforcerai d’oublier (…) » (Découverte de l’île par Juliet lors de son arrivée) 

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« Mange, prie, aime » d’Elisabeth Gilbert ou la lecture la plus longue de ma vie de lectrice

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Je ne pensais jamais pouvoir rédiger cette chronique tant je me suis perdue dans ce roman au sous-titre pourtant prometteur et en parfaite adéquation avec ce que j’étais en train de vivre « Changer de vie, on en a tous rêvé…Elle a osé. »

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A trente et un ans, Elisabeth possède tout ce qu’une femme peut souhaiter : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute. Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule sillonner le monde !  En Italie, elle goûte aux délices de la « dolce vita » et prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie »; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…Qui n’a jamais rêvé de changer de vie? 

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Quelques théières plus tard même…

Quand j’ai lu, dans les rayons de la Fnac, cette quatrième de couverture, je pouvais mettre à la place du prénom Elisabeth, le mien car j’étais justement en train de vivre à quelques détails près, les mêmes choses…Mes yeux n’avaient plus qu’à croiser le mot « Italie » pour que ce roman termine rapidement dans mon petit sac…J’étais impatiente de rentrer pour en tourner la première page. Et la première partie fut à la hauteur de mes attentes.

Les premières pages de ce roman se sont égrénées au rythme d’une Vespa dans les rues de Rome, je me délectais d’être encore une fois dans la ville de mon coeur, une multitude de jolis passages sur la cité romaine qui m’ont d’ailleurs donné l’idée de réunir dans un carnet tous les passages sur l’Italie que je trouverai au fil de mes lectures…Des pages cornées (moi qui déteste faire mal à un livre) pour retenir de belles expressions typiquement italiennes que je ne connaissais pas encore…et le séjour italien s’achève, je me rends compte que j’ai lu ce chapitre comme un récit de voyage ( conséquence sans doute d’une thèse sur les récits de voyages en Italie de Stendhal) plus que comme un récit de vie. Commence alors le calvaire d’un voyage en Inde. 

Bien que je me sois mise à la méditation récemment, cette deuxième partie fut interminable. L’idée d’en abandonner la lecture m’a même effleuré l’esprit…un mois et demi pour lire 137 pages, du jamais vu. De longues heures de silences méditatifs illustrées par la longueur des descriptions. La seule chose qui me tenait en haleine c’était d’arriver à Bali, troisième partie de ce roman. Un pays où j’ai découvert toute la beauté du monde il y a 6 ans déjà…

Arrivée à Ubud, enfin ! La description de la vie balinaise est sans reproche, j’y ai trouvé tout ce dont j’avais pu être spectatrice en 2009. Mais encore une fois l’impression de lire une pâle copie du merveilleux roman de Marc Esposito « Toute la beauté du monde ». 

Ne me restera de cette lecture que l’envie de voir le film (prévue pour ce soir d’ailleurs…) et de jolies phrases sur ma cité antique préférée. 

« Rome me fait l’effet d’un royaume linguistique enchanté. Pour quelqu’un qui a toujours voulu parler italien, quoi de mieux ? […] Il y a des librairies où l’on ne vend que des livres écrits en italien ! J’ai eu l’impression d’entrer dans un palais enchanté ».

Vendredi c’est lecture !!

Kanako Kuno My little Paris Tout comme Robinson, j'attends Vendredi

Mais pourquoi vendredi ? Pour plusieurs raisons et encore une fois, je me rends compte que tout se lie d’un seul et même fil dans cette jolie vie qui est la mienne…

Le vendredi a toujours eu pour moi une saveur particulière: parce que ce matin-là en éteignant votre réveil, une petite voix vous dit: » Demain c’est dodo! », parce que mes emplois du temps de cette journée ont toujours été fort agréables, étudiante je commençais par les cours d’italien et aujourd’hui je ne commence pas avant 10h ! Parce que le vendredi soir il est possible de veiller bien plus tard que Cendrillon, qu’importe il reste « deux dodos » pour récupérer !

Alors quelle joie pour moi lectrice compulsive, de trouver sur la toile le premier rendez-vous littéraire interactif portant le joli nom de « VendrediLecture » ! Un vrai club de lecture où vous pouvez même posséder votre petite carte de lecteur ! Si, si ! Un lieu d’échange autour de la lecture, des avis de lecteurs, des idées de lecture pour agrandir davantage votre PAL, comme si elle n’était déjà pas assez remplie !!! Et surtout un challenge mensuel plus que ludique, chaque mois un thème de lecture imposé (les titres fleuris, l’école, sur la route, une couleur, sur une île ect.). Le thème pour ce mois de juin : « Un titre prénom ». Voilà pour moi une bonne occasion de lire un de mes titres inscrit depuis longtemps dans ma PAL « La Vie Epicée de Charlotte Lavigne » de N.Roy 

Ce nouveau rendez-vous va vite prendre de la place dans mon emploi du temps de lectrice…alors à Vendredi !  

Site de cet événement littéraire : http://www.vendredilecture.com/

Page FB : www.facebook.com/VendrediLecture

« Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe » J.Renard

Gourmandises Littéraires

Il arrive très souvent qu’au détour d’une rue, mon regard croise celui d’une petite tartelette au citron meringuée. Commence alors une jolie histoire d’amour entre papilles et saveurs mais… toute gourmande sait profondément que cette histoire d’amour n’est que de courte durée…reste pourtant une chose essentielle de cette histoire d’amour éphémère, le plaisir d’un moment si particulier. Parce qu’être gourmande c’est aimer la vie, je suis gourmande dans tout ce que je fais, toutes les passions qui m’animent et qui sont ,étrangement, intimement liées (pour la plupart). Il est donc naturel que ma gourmandise touche aussi ma curiosité littéraire, je me délecte dans les rayons d’une librairie comme devant une vitrine de pâtisserie. Mes yeux se ravissent à la vue d’un livre, mon cerveau réclame la lecture, comme mon estomac se réclame des plaisirs sucrés. Heureusement pour mon fessier, je n’additionne pas les calories comme j’accumule les envies de lecture…ma « pile à lire »  (PAL) comme on l’appelle dans le milieu des « addicts » ne cesse de s’étoffer, les titres se bousculent, des auteurs inconnus se dévoilent et les mots nourrissent ma tête et mon cœur…Si les pauses sucrées sont faites pour être un moment de partage, je tenais aujourd’hui à vous faire partager cette PAL sans que vous ne craigniez de vous voir prendre du poids…Pas de liste barbare, non ! Pas de titres sans vie, rangés les uns en dessous des autres mais des listes de première de couvertures parce que toute envie passe par les yeux et qu’il m’est important de vous donner envie (de lire ou de pâtisserie, à vous de choisir!) 

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Cliquez pour zoomer…vous aurez davantage envie de lire!

Sur ces jolies choses…je file…manger déguster un petit carré de chocolat…Vivez la vie avec plaisir ! 

J’étais derrière toi N.Fargues

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Ceux qui me connaissent bien sauront facilement ce qui m’a attiré vers ce roman…non ce n’est pas l’appel de l’estomac à la vue de ces couverts mais bien ce petit détail tenu dans une main masculine…ce « Ero dietro di te » ! Quatre mots en italien qui ont éveillé en moi la curiosité…car oui je suis une italienne de coeur, une italienne dans l’âme…

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« C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre ».

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Les tasses de thé n’ont pas suffit à me maintenir attentive tant je me suis ennuyée à la lecture de ce roman…enfin si l’on peut qualifier ce genre de littérature de « roman ». Imaginez-vous face au protagoniste qui vous raconte sa vie , qui se lamente sur son sort et qui vous raconte comment il s’est vengé d’une femme au cœur de pierre…ou vous plongez dans la pitié ou le rôle de psy vous lasse vite au bout de la centième page…si vous tenez jusque là…Aucune maturité ne ressort de cette histoire…et pourtant la quatrième de couverture insiste sur le passage de la trentaine sous entendant qu’enfin cet homme est prêt pour la vie !  En vain !  Le seul contentement ressenti à la lecture fut les différents passages où l’auteur évoque l’Italie et le caractère italien…qui vous replonge dans votre mémoire de Master où vous vous attardiez à démontrer par la plume de Stendhal que le caractère italien est le meilleur qui soit (non je ne suis pas objective sur ce point mais c’est le seul positif que j’ai trouvé dans cette dernière lecture).

Alors plutôt que de perdre votre temps à la lecture de ce livre…prenez plutôt un billet pour Rome et passez votre chemin !

(…) le fait de me dire : « J’arrive en Italie », avec tout le mythe lié à l’Italie – parce que c’est quand même pas rien, l’Italie, hein ? -, le simple fait d’arriver ailleurs c’était déjà énorme. Et, à partir de là, tu t’étonnes à chaque pas et l’insignifiant, le soi-disant ordinaire, le soi-disant impersonnel, devient un spectacle permanent : la couleur du tarmac de l’aéroport, du soleil, le goût de l’air, les premiers Italiens que tu croises, des Italiens en Italie, les noms d’entreprises italiennes inscrits sur les enseignes, les marques originales italiennes, les voitures, les machines (…).

Soirée Sushi A.Abécassis (homme s’abstenir !!!)

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Après avoir passé des soirées, angoissée, par la lecture du roman de Watson, j’avais envie de légèreté…de bonne humeur et de féminité accomplie ! J’avais, il y a quelques mois, « Epinglé » quelques titres d’Agnès Abécassis dont chaque couverture respire la bonne humeur. Je me suis donc laissée convaincre par « Soirée Sushi »

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Sushi (n.m) : spécialité japonaise à base de poisson presque vivant roulé dans du riz froid, peu calorique (en tout cas moins qu’un pizza), apprécié des femmes souhaitant se donner bonne conscience. Dédaigné des adolescents qui lui préfèrent le hamburger (plus facile à mâcher), et des hommes qui lui préfèrent n’importe quoi recouvert de fromage, le sushi est un plat raffiné qui prend toute sa saveur avec de la sauce solo…heu…soja. Traditionnellement, on définit par « soirée sushi » la réunion de trois copines fraîchement célibataires, qui ont autant d’angoisses à propos de leurs ados et de potins sur leu ex à partager qu’il y a de graines de sésame sur un california maki. Et en plus, tout cela ne fait pas grossier. (On l’a dit, ou pas?).

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J’ai moi aussi passé une soirée sushi avec ce livre…je ne raffole pas de ce met si délicat mais la soirée fut très girly et j’ai dévoré ce vrai livre de fille en quelques heures : les pages s’égrainent comme fusent les répliques entre ces 3 femmes, amies, mamans et célibataires. On a toutes vécues ce genre de soirée où lasses des hommes, on a tenté de refaire le monde, d’inventer des théories sur la relation homme/femme, sans doute pas autour d’un plat de sushis mais, ce livre résonne en nous, femme romantique à qui on racontait, petite, des histoires de princes charmants…pour se rendre compte à la trentaine que derrière chaque homme se trouve un crapaud ! Voilà le ton de ce roman, un petit bijou de bonne humeur pour buller positive.

« Plus on avance en âge, plus les mecs que l’on rencontre sont marqués par leurs expériences précédentes. Un peu comme si, quand la relation commençait, il nous fallait désinstaller de leur disque dur certains logiciels périmés pour en installer de nouveaux, les nôtres. (…) Ne rêvez pas, le formatage complet de leur coeur est illusoire. Un homme qui se dit neuf et prêt à recevoir toutes vos données est un fake. Ce n’est ni plus ni moins du hameçonnage pour vous attirer à lui, et, une fois pénétré vos fichiers intimes grâce au firewall que vous aurez imprudemment baissé, surgiront d’un coup des applications malines que vous ne soupçonniez pas. »

Avant d’aller dormir S.J Watson

« Mais il n’y a rien que je puisse faire. Je tourne la page. Je commence à lire l’histoire de ma vie »
Avant d'aller dormir

« Before I go to sleep »

Pour certains, la lecture n’est réservée qu’à la belle saison, pour d’autres au dimanche après-midi quand la pluie ruisselle le long de leurs fenêtres. Pour moi, la lecture a toujours été le moment privilégié entre moi et les mots, juste à ce moment là !  Ce moment où vous vous faufilez sous la couette, libéré de vos obligations et pensées quotidiennes, celui qui vient juste avant de sombrer dans les bras de Morphée. Vous imaginez donc ce qu’un livre portant le titre d’ « Avant d’aller dormir » a pu susciter dans mon âme de lectrice.

Voilà ce moment si savoureux de la lecture, celui où vous découvrez les premiers mots « La chambre à coucher est étrange ». Vous parcourez les premières pages et votre propre chambre devient elle aussi étrange et l’écriture si fluide et si entraînante vous transpose dans la peau du personnage très rapidement : vous êtes cette femme, Christine, qui chaque jour se réveille sans savoir qui elle est, cette femme qui chaque soir avant de s’endormir écrit ses souvenirs quotidiens dans son journal…et là vous commencez à prendre conscience que vous êtes bien dans un thriller, celui qui vient maltraiter vos nerfs…en plus de ceux de l’héroïne.

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Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise. En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit. Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie…Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien…Peut-être pas.

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Les pages du journal de Christine se noircissent comme se tournent les pages du roman que vous tenez dans les mains…vous vivez avec elle, vous êtes elle, vous côtoyez cet homme qui ne vous semble pas être si aimant que cela, vous avez des doutes concernant l’accident, vous sentez la violence de la situation montez crescendo et vos nerfs sont à vifs « Avant d’aller dormir »…Comme Christine vous vous mettez à douter de tout, à être attentive à ce qui se passe dans votre salon, à guetter les pas de votre amoureux dans l’escalier et les palpitations se mettent à s’accélérer dans le noir…Alors un soir…arrivée à la page 305/470, vous prenez la décision de refermer ce livre ( à jamais, peut-être) qui n’est vraiment pas fait pour être lu avant d’aller dormir…

« (…) Les émotions d’aujourd’hui, ne seraient que la peau morte des émotions d’autrefois » Hipolito